• 5 décembre 2019

Attentat de Trèbes : les relations d’un indic avec le terroriste interrogent

Un informateur du renseignement français a été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Trèbes et de Carcassonne, révèle Le Parisien. 

C’est une enquête qui dure depuis maintenant plus d’un an et demi. Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim avait successivement tué le conducteur d’une voiture à Carcassonne et blessé son passager, avant de prendre en otage les clients et les employés d’un supermarché Super U à Trèbes. Il avait alors abattu un boucher, un client et le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui avait donné sa vie en se substituant à une femme retenue en otage.

Sept suspects ont été mis en examen, dont la femme du terroriste, dans le cadre des investigations. Mais le 3 octobre dernier, un nouveau suspect au rôle ambigu a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « détention et cession d’armes de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », de façon très discrète, révèle Le Parisien.

Cet ancien militaire reconverti dans le privé aurait fourni l’arme qu’a utilisée Radouane Lakdim le 23 mars 2018. La DGSI, au cours de son enquête, a entendu parler d’un ancien militaire qui s’est adonné au trafic d’armes. Selon un proche de Radouane Lakdim, le terroriste aurait planifié des braquages avec des armes obtenus grâce à lui. En échange, l’homme aurait reçu une partie du butin. 

La DGSI au courant de la radicalisation du terroriste ?

L’individu mis en examen aurait dans le même temps joué le rôle d’informateur auprès d’un des services du renseignement français, en plus de s’être rapproché du terroriste. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a procédé à l’interpellation du suspect le 30 septembre dernier. Dès le début de l’interrogatoire, il s’est livré sans hésiter : « Ça (l’attentat) aurait pu être évité. Lakdim avait changé. Il avait un parler sur la religion qui a changé. C’est pour cela que je l’ai signalé à C. ». L’un des policiers a alors tenté d’en savoir plus sur l’identité de son interlocuteur.

« C’est quelqu’un de chez vous à qui je signalais les jeunes […] quand je voyais un changement au niveau de la religion », a répondu l’homme. Il a ensuite détaillé ses missions d’indic auprès de la DGSI au cours des dernières années. Son rôle était de surveiller les quartiers sensibles de l’Aude. Devant les enquêteurs, il a affirmé avoir reporté les premiers signes de radicalisation de Radouane Lakdim, avec lequel il avait commencé à nouer des liens. Selon lui, le terroriste préparait un départ imminent en Syrie et une tentative de braquage.

Des signes avant-coureurs ?

L’ancien militaire décrit une personne qui tombe de plus en plus dans la radicalisation. « Il était de plus en plus en djellaba et, dans sa façon de parler, de plus en plus radical […]. Il ne voulait plus rien à voir avec notre monde. Il était encore plus dur contre les mécréants, disant qu’il faut les combattre », a-t-il détaillé.

Le récit de l’ancien militaire, s’il s’avère vrai, met à mal le dispositif de détection du renseignement français en matière de radicalisation. « Il est faux de prétendre que nous avions des informations sur la dangerosité de Lakdim. Il avait dissimulé sa radicalisation violente, c’était même une stratégie délibérée », rétorque un haut fonctionnaire auprès du Parisien. 

source : le point

himaya

Read Previous

Laïcité: Castaner partage le constat de la droite